Attentat de Karachi : la déclassification d’informations déterminantes réclamée à Macron

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Vingt ans après la mort de onze Français dans l’attentat de Karachi, les parties civiles et des magistrats réclament à Emmanuel Macron la déclassification de documents protégés par le secret-défense et comportant des informations cruciales pour l’avancée des investigations.

Le 8 mai 2002, l’explosion d’un bus transportant des salariés ou sous-traitants de la Direction des constructions navales (DCN) à Karachi, au Pakistan, faisait quinze morts, dont onze Français, et de nombreux blessés. «Il est véritablement déterminant, à cette distance de l’événement, que la justice puisse enfin obtenir complète communication de tout élément de fond utile en lien avec cet attentat sanglant», estime le juge d’instruction David De Pas dans un courrier adressé à Emmanuel Macron le 25 août et consulté par l’AFP.

«Nombreuses zones d’ombre»

Le magistrat a formulé cette requête en déclassification avant de quitter son poste de coordonnateur du pôle antiterroriste au tribunal de Paris. «Mes prédécesseurs, principalement M. Marc Trevidic, ont sollicité à de très nombreuses reprises les ministres de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Intérieur, mais également en 2010 le premier ministre, afin d’obtenir la déclassification de pièces essentielles à la manifestation de la vérité dans les deux volets du dossier», rappelle David De Pas.

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Les magistrats instructeurs qui se sont succédé dans cette affaire ont rédigé au moins treize requêtes en déclassification depuis 2009, a listé Me Olivier Morice, avocat de parties civiles. «De trop nombreuses zones d’ombre subsistent encore aujourd’hui», a considéré Me Morice dans un courrier envoyé en juillet à David De Pas, lui demandant de saisir directement Emmanuel Macron pour obtenir la déclassification des documents.

«Crimes ignobles»

En autorisant cette communication, Emmanuel Macron «a la faculté de permettre que la justice puisse identifier les auteurs et les commanditaires de cet attentat afin qu’ils soient un jour traduits en justice», estime Me Morice dans cette lettre consultée par l’AFP. «Les familles attendent un acte politique à la hauteur de la gravité de ces crimes ignobles». Habituellement, ce type de requête est adressé aux ministères concernés, mais le président a le pouvoir d’ordonner la déclassification d’informations.

Sollicité par l’AFP, l’Élysée a indiqué vendredi ne pas avoir «reçu de courrier correspondant à cette demande», rappelant que les demandes de déclassification étaient soumises à la Commission du secret de la défense nationale. Cette autorité administrative indépendante n’a toutefois qu’un avis consultatif.

Documents inexploitables

L’information judiciaire aux mains de trois juges d’instruction concerne deux volets. L’un, sécuritaire, porte sur d’éventuels manquements dans la sécurisation des employés sur place. Deux anciens responsables ont été mis en examen en juin, plusieurs personnes ainsi que la DCN sont placés sous le statut plus favorable de témoin assisté. Le second volet se penche sur les commanditaires de cet attentat, qui semble avoir été minutieusement préparé avec des moyens sophistiqués. La piste d’Al-Qaïda, qui a approuvé l’attaque sans la revendiquer, s’est imposée pour le premier magistrat antiterroriste saisi des faits, Jean-Louis Bruguière.

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À partir de 2009, son successeur Marc Trevidic s’oriente vers l’hypothèse de représailles pakistanaises après l’arrêt des versements de commissions dans le cadre d’un contrat d’armement. Lors d’une réunion en avril avec les parties civiles, les juges d’instruction ont affirmé que cette piste était «toujours plausible et prioritaire», selon Me Morice. Au cours de cette rencontre, «les victimes se sont une nouvelle fois émues des conditions dans lesquelles les documents déclassifiés ont pu être transmis par le passé» et ont demandé que soit directement sollicité le président pour obtenir leur déclassification, précise M. De Pas dans sa lettre.

Documents «inexploitables»

Au fil des années, des éléments ont été communiqués à la justice «mais généralement selon des modalités» qui les ont rendus «totalement inexploitables», explique le magistrat. Parmi ces informations jugées indispensables aux investigations dans le volet sécuritaire figure un audit de sécurité établi par des gendarmes français au lendemain de l’attentat : sur les 137 pages de ce rapport, seules cinq ont été communiquées à la justice en 2010.

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Autre exemple cité par Me Morice : les éléments concernant un suspect, le Saoudien Ali Ben Moussalem, un des trois intermédiaires ayant bénéficié de commissions sur les contrats de 1994 et décédé depuis. Les documents sur ses liens avec Al-Qaïda «sont complètement caviardés au point d’être totalement inexploitables», dénonce l’avocat. Par ailleurs, les magistrats instructeurs espèrent pouvoir se rendre au Pakistan prochainement pour faire avancer leurs investigations. Un déplacement très attendu des parties civiles.

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